{"id":10642,"date":"2024-07-01T05:46:51","date_gmt":"2024-07-01T05:46:51","guid":{"rendered":"https:\/\/liko.foxthemes.me\/?p=10642"},"modified":"2026-09-09T20:36:11","modified_gmt":"2026-09-09T12:36:11","slug":"the-day-my-work-met-finitude","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/esmeraldakosmatopoulos.com\/fr\/the-day-my-work-met-finitude\/","title":{"rendered":"Le jour o\u00f9 mon travail a rencontr\u00e9 la finitude"},"content":{"rendered":"<p class=\"lead\">Comment la mort de mon p\u00e8re a-t-elle chang\u00e9 mon travail ? Elle ne m'a pas donn\u00e9 un sujet enti\u00e8rement nouveau. Elle a chang\u00e9 mon rapport au temps, rendant la finitude physique et irr\u00e9versible, et modifiant le poids de questions qui structuraient d\u00e9j\u00e0 mon travail depuis des ann\u00e9es. La r\u00e9p\u00e9tition, la transformation et la circulation des images sont rest\u00e9es, mais elles ont commenc\u00e9 \u00e0 exiger des corps capables de porter l'absence.<\/p>\n<p>Quand on d\u00e9couvre mon travail r\u00e9cent, on le relie souvent imm\u00e9diatement \u00e0 la mort de mon p\u00e8re. Le lien est compr\u00e9hensible. J'ai commenc\u00e9 \u00e0 faire les masques en pain apr\u00e8s sa mort. Le deuil, les larmes, la lamentation et l'absence sont devenus plus visibles, tandis que les corps et les figures invent\u00e9es ont commenc\u00e9 \u00e0 occuper une place beaucoup plus grande dans l'\u0153uvre. Pendant un temps, je l'ai moi aussi compris comme une division nette : il y avait le travail d'avant le deuil, et celui d'apr\u00e8s. Je ne le vois plus ainsi.<\/p>\n<p>En regardant les quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, je reconnais bon nombre des m\u00eames questions qui reviennent : la transformation, la r\u00e9p\u00e9tition, la m\u00e9moire, les identit\u00e9s instables, la circulation des images et la mani\u00e8re dont les formes changent en traversant le temps. La mort de mon p\u00e8re n'a pas remplac\u00e9 ces questions par de nouvelles. Elle a chang\u00e9 le temps dans lequel je les posais.<\/p>\n<h2>Des structures sans fin naturelle<\/h2>\n<p>Avant 2023, je commen\u00e7ais souvent une \u0153uvre en \u00e9tablissant une r\u00e8gle, un cadre ou un syst\u00e8me, puis en le r\u00e9p\u00e9tant et en observant ce qui se passait. Je m'int\u00e9ressais \u00e0 l'\u00e9cart entre la structure que j'avais cr\u00e9\u00e9e et les formes qui en \u00e9mergeaient. La r\u00e9p\u00e9tition n'\u00e9tait pas seulement une m\u00e9thode de production. C'\u00e9tait une mani\u00e8re de rendre le temps visible.<\/p>\n<p>Dans <strong><em>It Is Always Summer Somewhere<\/em><\/strong>, je suis retourn\u00e9e pendant des mois au m\u00eame bateau abandonn\u00e9 et je l'ai photographi\u00e9 depuis la m\u00eame position. Le cadre restait fixe et le geste se r\u00e9p\u00e9tait, tandis que les personnes qui apparaissaient dans les images \u00e9taient effac\u00e9es. Ce qui changeait, c'\u00e9tait tout ce que je ne pouvais pas contr\u00f4ler : la lumi\u00e8re, la m\u00e9t\u00e9o, la surface de la mer, la saison et la lente d\u00e9gradation du bateau. La r\u00e9p\u00e9tition ne reproduisait pas la m\u00eame image. Elle r\u00e9v\u00e9lait la diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Cette \u0153uvre aurait pu continuer ind\u00e9finiment. J'aurais toujours pu retourner une fois de plus au bateau. Une autre saison aurait pu passer, une autre image aurait pu \u00eatre faite. La structure elle-m\u00eame ne contenait aucune fin naturelle.<\/p>\n<p><strong><em>If the Nose of Cleopatra\u2026<\/em><\/strong> s'est aussi construit par la r\u00e9p\u00e9tition, mais \u00e0 partir d'une archive plut\u00f4t que d'un paysage. J'ai rassembl\u00e9 des repr\u00e9sentations de Cl\u00e9op\u00e2tre r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques et dans diff\u00e9rentes cultures, puis j'ai isol\u00e9 et traduit le m\u00eame fragment de chaque image : son nez. Chaque sculpture appartenait \u00e0 une repr\u00e9sentation pr\u00e9existante, mais leur accumulation rendait visible l'instabilit\u00e9 de la figure historique elle-m\u00eame. Cl\u00e9op\u00e2tre changeait chaque fois qu'on l'imaginait.<\/p>\n<p>Ce projet aurait lui aussi pu continuer de grandir. Il pourrait toujours y avoir une autre image, une autre interpr\u00e9tation et un autre nez. Je ne pensais pas consciemment \u00e0 cette ouverture \u00e0 l'\u00e9poque. Je ne cherchais pas \u00e0 faire des \u0153uvres sur l'infini. J'\u00e9tais simplement attir\u00e9e par des structures capables de rester actives au-del\u00e0 du moment o\u00f9 je les avais con\u00e7ues. Une r\u00e8gle pouvait se r\u00e9p\u00e9ter. Une archive pouvait s'\u00e9tendre. Une image pouvait continuer de circuler et de produire de nouveaux sens.<\/p>\n<h2>Ce que la finitude fait vraiment ressentir<\/h2>\n<p>Puis mon p\u00e8re est mort.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, je savais d\u00e9j\u00e0 que la mort existait. Je comprenais la mortalit\u00e9 comme une id\u00e9e et je savais que toute vie finit un jour. Mais le savoir intellectuellement n'est pas la m\u00eame chose que vivre la disparition d'une personne en particulier. La mort de mon p\u00e8re a donn\u00e9 un corps \u00e0 la finitude. Ce n'\u00e9tait plus le savoir g\u00e9n\u00e9ral que les \u00eatres humains sont mortels. C'\u00e9tait le fait irr\u00e9versible que cette personne, avec cette voix, cette histoire et cette place dans ma vie, n'\u00e9tait plus accessible.<\/p>\n<p>Il ne pouvait plus y avoir une conversation de plus, ni une autre version de la m\u00eame rencontre. La m\u00e9moire pouvait conserver des fragments, des habitudes et des gestes, mais elle ne pouvait pas faire continuer la relation sous la m\u00eame forme. Rien dans cette exp\u00e9rience ne se comportait comme les structures ouvertes auxquelles j'avais fait confiance dans mon travail. La r\u00e9p\u00e9tition ne pouvait pas me ramener \u00e0 ce que j'avais perdu. Je crois que cela a chang\u00e9 ma compr\u00e9hension du temps avant que je comprenne que cela changeait mon art.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa mort, j'ai commenc\u00e9 \u00e0 dessiner presque tous les jours. Au d\u00e9but, le dessin a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9ponse directe et presque physique au chagrin. Il me donnait quelque chose \u00e0 faire avec mes mains et un lieu o\u00f9 des images pouvaient appara\u00eetre sans exiger tout un syst\u00e8me autour d'elles. Je n'avais pas besoin de construire un protocole avant de commencer. Je pouvais dessiner un corps, un visage ou une cr\u00e9ature et le laisser exister.<\/p>\n<p>Peu \u00e0 peu, l'atelier s'est rempli de figures. Des femmes, des corps de serpent, des djinns, des chim\u00e8res, des oiseaux et des formes f\u00e9minines antiques sont entr\u00e9s dans l'\u0153uvre. Ce n'\u00e9taient pas des illustrations de la mort de mon p\u00e8re et je ne les vivais pas comme les personnages d'une histoire sur le deuil. Leur rapport \u00e0 la perte \u00e9tait plus indirect. Ce qui avait chang\u00e9, c'\u00e9tait mon besoin de pr\u00e9sence.<\/p>\n<p>Un syst\u00e8me peut continuer sans avoir de corps. Une r\u00e8gle ne vieillit pas. Un protocole ne dispara\u00eet pas. Une figure entre dans le monde autrement. Elle a un poids, une posture et une existence particuli\u00e8re. M\u00eame une cr\u00e9ature imaginaire peut para\u00eetre vuln\u00e9rable. Elle peut occuper un espace et porter la possibilit\u00e9 de l'absence.<\/p>\n<p>L'\u0153uvre n'a pas cess\u00e9 d'\u00eatre conceptuelle quand ces figures sont apparues. Les id\u00e9es sont rest\u00e9es, mais elles avaient commenc\u00e9 \u00e0 exiger des corps. La transformation n'\u00e9tait plus seulement quelque chose qui arrivait \u00e0 une image en circulant ou \u00e0 une forme en se r\u00e9p\u00e9tant. Elle se produisait dans des corps capables de devenir animaux, v\u00e9g\u00e9taux, mythiques ou fragment\u00e9s. L'instabilit\u00e9 n'\u00e9tait plus seulement inscrite dans un syst\u00e8me. Elle pouvait appara\u00eetre dans un visage, un sein, un masque ou une cr\u00e9ature incapable de rester enti\u00e8rement une seule chose.<\/p>\n<p>Vu de l'ext\u00e9rieur, cela peut ressembler \u00e0 un passage du travail conceptuel vers la figuration. De l'int\u00e9rieur de la pratique, cela ressemble moins \u00e0 un changement de direction qu'\u00e0 un changement de densit\u00e9. Les m\u00eames questions sont devenues plus lourdes. Elles ont acquis une peau, un poids et une mortalit\u00e9.<\/p>\n<h2>La r\u00e9p\u00e9tition peut-elle contenir ce qui ne se r\u00e9p\u00e8te pas ?<\/h2>\n<p><strong><em>Bake Your Pain<\/em><\/strong> se situe quelque part entre ces diff\u00e9rents rapports au temps. L'\u0153uvre se construit par la r\u00e9p\u00e9tition. Chaque fois que le chagrin revient avec assez de force pour me faire pleurer, je p\u00e9tris de la p\u00e2te \u00e0 pain et je forme un autre masque. Le geste peut se r\u00e9p\u00e9ter, et la s\u00e9rie reste ouverte. En ce sens, elle prolonge la logique de nombreuses \u0153uvres ant\u00e9rieures : une r\u00e8gle existe, et chaque nouvel objet entre dans la structure cr\u00e9\u00e9e par les pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>Mais chaque masque appartient aussi \u00e0 quelque chose qui ne peut pas se r\u00e9p\u00e9ter. Il vient d'un moment de pleurs, un jour pr\u00e9cis. M\u00eame lorsque le rituel reste le m\u00eame, l'exp\u00e9rience qui le produit est diff\u00e9rente. Le chagrin peut revenir, mais il ne revient jamais exactement sous la m\u00eame forme.<\/p>\n<p>Le masque tient cette contradiction. C'est un objet au sein d'une s\u00e9rie qui peut continuer, mais c'est aussi la trace d'un moment qui ne se r\u00e9p\u00e9tera pas. Le rituel donne une structure au chagrin sans le rendre pr\u00e9visible. La r\u00e9p\u00e9tition ne surmonte pas la finitude. Elle enregistre chaque nouvelle rencontre avec elle.<\/p>\n<p>Le pain est devenu important en partie parce qu'il porte visiblement le temps. La p\u00e2te change quand je la touche. Elle gonfle, s\u00e8che, se fend et durcit. Une forme d'abord souple et proche de la peau devient peu \u00e0 peu rigide et fragile. Je peux la fa\u00e7onner, mais je ne peux pas arr\u00eater sa transformation. La mati\u00e8re ne conserve pas le moment intact. Elle le porte plus loin en le transformant.<\/p>\n<p>C'est autre chose que de chercher \u00e0 cr\u00e9er un monument permanent au chagrin. M\u00eame une fois s\u00e9ch\u00e9s et scell\u00e9s pour \u00eatre conserv\u00e9s, les masques gardent les fissures, les d\u00e9formations et les surfaces changeantes produites pendant leur fabrication. Stabiliser le pain ne le ram\u00e8ne pas \u00e0 un \u00e9tat neutre ; cela pr\u00e9serve l'histoire mat\u00e9rielle d'o\u00f9 chaque forme est n\u00e9e. Le pain m'a permis de r\u00e9p\u00e9ter un geste en acceptant que ni cette histoire ni le sentiment qui la porte ne seraient jamais liss\u00e9s.<\/p>\n<p>La mort de mon p\u00e8re a aussi chang\u00e9 mon rapport \u00e0 l'invention. Une grande partie de mon travail ant\u00e9rieur partait de quelque chose qui existait d\u00e9j\u00e0 : une image de Cl\u00e9op\u00e2tre, un bateau abandonn\u00e9, une archive, un syst\u00e8me de communication ou une situation que je pouvais observer et d\u00e9placer. Les figures plus r\u00e9centes commencent souvent sans cette source ext\u00e9rieure. Elles naissent du dessin. M\u00eame si elles peuvent appartenir \u00e0 des familles mythologiques ou porter l'\u00e9cho de formes anciennes, ce ne sont pas des traductions directes d'une image pr\u00e9cise. Elles entrent dans le monde par l'\u0153uvre elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>J'essaie encore de comprendre ce que cela signifie. Peut-\u00eatre qu'inventer une figure est une autre mani\u00e8re d'affronter la finitude. Dessiner quelque chose qui n'existait pas auparavant, c'est lui donner un commencement, et d\u00e8s qu'il a un commencement, il contient aussi la possibilit\u00e9 d'une fin. Mais je ne veux pas faire de cette intuition une explication totale. Toutes les cr\u00e9atures ne parlent pas de la mort. Tous les corps de l'\u0153uvre ne sont pas une r\u00e9ponse au chagrin. La mort de mon p\u00e8re n'est pas une cl\u00e9 capable d'ouvrir tout ce que j'ai fait depuis. Le chagrin n'est pas une th\u00e9orie de la pratique. C'est une exp\u00e9rience qui a chang\u00e9 la position depuis laquelle je rencontrais des questions qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/p>\n<p>Je travaille toujours par la r\u00e9p\u00e9tition. Je construis toujours des syst\u00e8mes. Je continue de rassembler, de traduire et de d\u00e9placer des images existantes. Je crois toujours que le sens peut \u00e9merger lentement par l'accumulation et par des formes qui circulent au-del\u00e0 de mon contr\u00f4le. Mais la r\u00e9p\u00e9tition ne me semble plus illimit\u00e9e. Chaque retour porte d\u00e9sormais la conscience que quelque chose ne peut pas revenir.<\/p>\n<p>Cette conscience n'a pas fait renoncer mon travail \u00e0 la transformation. Elle a rendu la transformation plus difficile \u00e0 comprendre. Avant, j'imaginais peut-\u00eatre le changement surtout comme un mouvement vers une autre forme : une image en devenant une autre, un sens produisant le suivant, un geste engendrant une s\u00e9rie. La finitude a introduit une transformation qui ne m\u00e8ne \u00e0 aucun autre \u00e9tat visible.<\/p>\n<p>Une personne devient absente. La relation continue dans la m\u00e9moire, dans le langage, dans les habitudes et dans les formes que prend le chagrin, mais la personne ne devient pas autre chose que l'on pourrait rencontrer de la m\u00eame mani\u00e8re. Aucune forme \u00e9quivalente n'attend de l'autre c\u00f4t\u00e9. C'est encore l'une des choses les plus difficiles \u00e0 penser pour moi.<\/p>\n<p>L'art transforme souvent l'absence en pr\u00e9sence. Il donne forme \u00e0 ce qui ne peut \u00eatre vu, cr\u00e9e des objets \u00e0 partir d'exp\u00e9riences et permet \u00e0 quelque chose de demeurer. Pourtant, aucune \u0153uvre n'abolit l'absence dont elle part. Le masque existe parce que la personne n'existe plus. La figure appara\u00eet, mais elle ne remplace pas ce qui a disparu.<\/p>\n<p>C'est peut-\u00eatre cette tension qui est entr\u00e9e dans ma pratique apr\u00e8s la mort de mon p\u00e8re. J'ai continu\u00e9 de croire en la force g\u00e9n\u00e9ratrice de la r\u00e9p\u00e9tition, des images et de la transformation, mais je ne pouvais plus croire que chaque fin contenait une suite accessible.<\/p>\n<p>L'\u0153uvre a commenc\u00e9 \u00e0 tenir deux exp\u00e9riences du temps \u00e0 la fois. L'une est ouverte, cumulative et capable de produire des variations sans fin. Un geste peut se r\u00e9p\u00e9ter, une s\u00e9rie peut grandir et une image peut continuer de changer. L'autre est singuli\u00e8re et irr\u00e9versible. Un corps n'existe qu'une fois. Une rencontre n'a lieu qu'une fois. Un moment particulier passe et ne peut \u00eatre reconstruit. Je ne crois pas qu'une temporalit\u00e9 ait remplac\u00e9 l'autre. Elles existent d\u00e9sormais ensemble, parfois au sein de la m\u00eame \u0153uvre.<\/p>\n<p>Le jour o\u00f9 mon p\u00e8re est mort n'a pas divis\u00e9 proprement ma pratique en un avant et un apr\u00e8s. Il a rendu visible une limite qui avait peut-\u00eatre toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0, m\u00eame dans les \u0153uvres qui semblaient pouvoir continuer ind\u00e9finiment. Depuis, je suis devenue plus attentive \u00e0 ce que la r\u00e9p\u00e9tition ne peut pas pr\u00e9server, \u00e0 ce que la transformation ne peut pas r\u00e9parer et \u00e0 ce qu'une image peut contenir sans jamais le remplacer.<\/p>\n<p>Mon travail demande toujours comment les formes changent avec le temps. Mais le temps n'est plus seulement ce qui permet \u00e0 une forme de se d\u00e9velopper, de circuler et de devenir autre chose. C'est aussi ce qui rend chaque corps, chaque geste et chaque rencontre impossibles \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter compl\u00e8tement.<\/p>\n<p>La finitude ne m'a pas donn\u00e9 un nouveau sujet. Elle a chang\u00e9 le poids des questions que je posais d\u00e9j\u00e0, et les formes dont j'avais besoin pour les porter.<\/p>\n<h2>S\u00e9ries li\u00e9es<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"\/fr\/bake-your-pain\/\">Bake Your Pain<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/fr\/it-is-always-summer-somewhere\/\">It Is Always Summer Somewhere<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/fr\/if-the-nose-of-cleopatra\/\">If the Nose of Cleopatra\u2026<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/fr\/serpents-genies-chimeras-and-other-wonders\/\">Serpents, Genies, Chimeras and Other Wonders<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2>Notes d'atelier li\u00e9es<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"\/fr\/the-more-i-work-the-less-human-my-world-becomes\/\">Plus je travaille, moins mon monde devient humain<\/a><\/li>\n<li><a href=\"\/fr\/why-the-breast-keeps-returning\/\">Pourquoi le sein revient sans cesse<\/a><\/li>\n<\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Esmeralda Kosmatopoulos reflects on how her father&#8217;s death in 2023 changed her relationship to time, 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