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ik-HO-rus

ik-HO-rus fait entrer en collision Icare et Horus dans une installation qui construit une mythologie contemporaine de l'ambition humaine et de la destruction écologique à l'ère de l'Anthropocène. Par la sculpture et un récit spatial en trois actes, le projet retrace comment le désir de dépasser les limites naturelles transforme l'ascension en extraction, et l'invention en architecture de l'effondrement.

MÉDIUM

Sculpture, installation

ANNÉE

2023

À propos

ik-HO-rus met en scène la rencontre entre deux figures mythologiques qui n'auraient jamais pu se croiser dans leurs récits d'origine. Icare est une figure de la mythologie grecque qui tente de dépasser les limites de la condition humaine. Horus est la figure à tête de faucon de la mythologie égyptienne, pour qui le vol n'est ni invention ni conquête, mais une manière d'être.

Leurs noms fusionnent en un seul titre hybride, produisant une mythologie qui n'appartient pleinement ni à la tradition grecque ni à la tradition égyptienne. Plutôt que d'illustrer deux récits antiques, Esmeralda Kosmatopoulos déplace leurs protagonistes et les fait se rencontrer à nouveau, sous l'effet des inquiétudes contemporaines liées au progrès, à l'extraction et à l'effondrement écologique.

L'installation se déploie comme une pièce de théâtre spatiale en trois actes. Dans l'Acte I, Icare abat la forêt pour construire des ailes et entrer dans le royaume céleste d'Horus. Les arbres deviennent du bois, le bois devient technologie, et la technologie devient l'instrument par lequel le mortel tente d'échapper à sa condition. Pour Horus, le vol relève de l'être. Pour Icare, il doit être fabriqué, possédé et conquis.

Dans l'Acte II, Horus descend et retire les ailes pour interrompre la destruction. Icare ne comprend pas le geste comme un avertissement. Il retourne dans ce qui reste de la forêt, abat les arbres et s'en sert pour construire une échelle. Privé d'un instrument d'ascension, il en invente un autre.

Dans l'Acte III, Horus dirige la force du soleil vers l'échelle. Un barreau se brise sous Icare, et la structure censée l'élever devient l'architecture de sa chute. Les trois actes ne se succèdent pas dans l'exposition. Forêt, ailes, échelle, soleil et mer coexistent comme des scènes simultanées. L'avertissement reste visible à côté du refus de le comprendre ; le paysage est en train d'être détruit alors que la chute a déjà eu lieu.

Dans ce nouveau récit, Icare ne tombe pas simplement parce qu'il vole trop près du soleil. Sa chute commence bien plus tôt, lorsque tout ce qui l'entoure devient une ressource pour son ascension. Chaque limite devient un problème à résoudre, chaque obstacle produit une nouvelle technologie, et chaque solution apparente aggrave la destruction dont elle est issue.

Un vocabulaire visuel réduit, presque enfantin, donne à la fable sa lisibilité immédiate. Une mer bleue, un soleil doré, des ailes en bois, une échelle, des arbres abattus et la figure vigilante d'Horus construisent un paysage théâtral artificiel. Sa simplicité n'adoucit pas la violence du récit ; elle en rend la logique plus directe. Le visiteur circule librement entre ces moments, entrant dans l'histoire par son début, sa fin ou un point de vue partiel. Marcher devient une manière de lire, et le récit cesse d'être une suite pour devenir un paysage.

L'humour et l'absurde permettent à ik-HO-rus d'aborder l'Anthropocène sans réduire l'œuvre à une leçon d'écologie. Icare est capable d'inventer sans fin, mais incapable de questionner le désir qui pousse à l'invention elle-même. L'œuvre ne suggère pas qu'Icare tombe parce qu'il vise trop haut. Il tombe parce que son ascension repose sur la destruction répétée de tout ce qui se trouve en dessous de lui.

La forêt devient des ailes.
Les derniers arbres deviennent une échelle.
L'échelle devient l'instrument de la chute.
Quand Icare approche du soleil, la tragédie a déjà eu lieu.

Chapitres

ik-HO-rus Acte I

2023

ik-HO-rus Acte II

2023

ik-HO-rus Acte III

2023

Expositions

Notes d'atelier