Thirty Birds appartient à The Bird, the Thread, and the Open Sea, aux côtés de Wings et de archipeLogos, mais elle existe aussi pour elle-même en tant que pièce sonore : un passage mental incertain que tout voyage, intérieur ou extérieur, doit d'abord traverser.
Dans le poème d'Attâr, le voyage physique des oiseaux vers le Simurgh se révèle peu à peu comme un voyage intérieur, traversant le doute, la peur, l'attachement et la transformation. Thirty Birds suit ce mouvement psychologique plutôt que de raconter à nouveau le récit. Des phrases tirées du texte sont prononcées tout près de l'oreille, d'une voix qui emprunte l'intimité de l'ASMR tout en refusant son confort habituel — chuchotée, suspendue, répétée, interrompue.
Ce qui commence comme une multitude de voix distinctes devient peu à peu un dialogue intérieur instable, comme si les trente oiseaux étaient différentes impulsions à l'œuvre dans une seule conscience. Rien ne progresse selon une suite claire : les pensées surgissent, se dissolvent et reviennent transformées ; les questions restent sans réponse ; les mots deviennent rythme plutôt qu'explication. Ce désordre reflète l'incertitude des oiseaux eux-mêmes face à la possibilité d'abandonner les identités et les attachements à travers lesquels ils se connaissent.
Derrière la voix, des enregistrements d'oiseaux réalisés en Mésopotamie forment une seconde conversation, sans paroles — allant de la proximité à la distance, tantôt épousant le rythme de la parole, tantôt se poursuivant à l'écart. Le souffle et le silence traversent aussi la pièce, marquant les moments où le langage échoue ou se retire, jusqu'à ce que la parole elle-même devienne moins description que pulsation et résonance.
Les oiseaux ne parlent pas d'une seule voix. Ils deviennent les nombreuses voix à travers lesquelles une seule conscience cherche sa direction.