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Wings (after Attâr)

Wings (after Attâr) est une série de cinq œuvres textiles d'Esmeralda Kosmatopoulos, chacune isolant une seule aile d'un oiseau du poème soufi de Farid al-Din Attâr, La Conférence des oiseaux — un texte sur le voyage de l'âme vers la connaissance de soi. Dépouillée du corps et du récit, l'aile devient la forme minimale à travers laquelle ce vol intérieur peut encore être imaginé : une direction tenue en suspens, avant même que le voyage ait commencé.

MÉDIUM

Textile

MATÉRIAUX

Toile teinte à la main, pigment, feuille d'or, corde, sable

ANNÉE

2025

À propos

Wings (after Attâr) appartient à The Bird, the Thread, and the Open Sea, dans lequel Kosmatopoulos traduit le poème soufi d'Attâr, La Conférence des oiseaux — une allégorie de la quête de soi de l'âme —, du récit vers l'espace. Cette série extrait ce qui précède le départ des oiseaux : les forces d'hésitation, d'orientation et de tension qui rendent un vol intérieur concevable avant qu'aucun oiseau n'ait bougé.

Chacune des cinq œuvres part d'un oiseau différent du poème, mais le corps, le plumage et l'identité narrative sont retirés jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une aile surdimensionnée. Mesurant entre 1,80 et 2,40 mètres, elle n'appartient plus à aucune espèce reconnaissable. Son échelle et sa couleur inventée lui donnent la présence physique d'un oiseau imaginaire sans représenter l'animal lui-même. Détachée du corps, l'aile passe du nom au verbe : non plus une créature, mais une direction tenue en suspens, un élan plutôt qu'un personnage.

Chaque aile est construite à partir de couches de toile teinte à la main, travaillées par applications successives de pigment. Des bandes de couleur, de ton et d'intensité variables, s'accumulent sur la surface en strates distinctes. La couleur ne décrit pas le plumage d'un oiseau réel ; elle construit la surface changeante d'une aile imaginaire. Ces couches gardent la trace du temps et de la répétition du processus de coloration, inscrivant la transformation dans la toile plutôt que de représenter le mouvement.

Aucune des cinq ailes ne flotte librement. Chacune est tenue par deux cordes ancrées à des sacs de sable posés au sol. Le sable sert de lest, les cordes tracent des lignes de force visibles, et la gravité fournit la résistance contre laquelle l'orientation devient lisible. Rien ne part — chaque élément reste simplement tourné vers le mouvement, faisant glisser l'aile de l'aérien vers le maritime : une voile intérieure tendue entre la terre et le ciel, construite pour recevoir une direction sans changer de position.

Chaque aile est conçue comme une sculpture indépendante, avec sa propre échelle, son orientation et son système de tension. Elle n'a pas besoin des quatre autres pour former une œuvre complète. Vues ensemble, les cinq ne composent ni une nuée ni un corps unique ; elles restent cinq propositions distinctes sur la manière d'imaginer le vol sans représenter un oiseau en mouvement.

Wings (after Attâr) ne représente pas le vol. L'œuvre construit les conditions dans lesquelles le vol peut être imaginé.

Rien ne bouge, et pourtant chaque forme est déjà en devenir.

Notes d'atelier